Vous pouvez recompter vous-même vos heures et réclamer celles qui manquent sur votre bulletin, jusqu’à trois ans en arrière. Une journée se calcule ainsi : heure de fin − heure de début − pause. Pour la paie, les minutes se convertissent en centièmes : 7 h 30 vaut 7,50 h, pas 7,30. Au-delà de 35 heures dans la semaine, chaque heure demandée par l’employeur est une heure supplémentaire.
Le calcul des heures de travail en cinq temps : la journée, la conversion pour la paie, ce qui compte comme temps de travail, la semaine et ses heures supplémentaires, puis la vérification du bulletin et le délai pour réclamer.
Le calcul d’une journée
Ce calcul se fait seul, avec votre propre relevé ou feuille de temps, sans attendre le planning ou la badgeuse de l’entreprise. La formule tient en une ligne : heure de fin moins heure de début donne l’amplitude, la plage pendant laquelle vous êtes sur place ; l’amplitude moins les pauses donne le temps travaillé.
Arrivée à 8 h 30, départ à 17 h 45, une heure de pause déjeuner de 12 h 30 à 13 h 30. Amplitude : 9 h 15. Temps travaillé : 8 h 15, soit 8,25 heures sur la fiche de paie.
Pour un horaire de nuit qui passe minuit, l’heure de fin se compte sur 24 heures plus tard : un poste de 22 h à 6 h dure 8 heures, pas moins 16.
Convertir en centièmes, l’erreur qui coûte
Le temps se compte en base 60, la paie en base 10. Un logiciel de paie, comme un tableur, multiplie des heures décimales par un taux horaire : il faut donc convertir les minutes en centièmes d’heure avant tout calcul de salaire.
| Minutes | Centièmes d’heure | Exemple |
|---|---|---|
| 15 minutes | 0,25 | 7 h 15 = 7,25 h |
| 30 minutes | 0,50 | 7 h 30 = 7,50 h |
| 45 minutes | 0,75 | 7 h 45 = 7,75 h |
| 10 minutes | 0,17 | 7 h 10 = 7,17 h |
| Règle générale | minutes ÷ 60 | 20 minutes = 0,33 h |
Saisir 7,30 pour 7 h 30 revient à compter 7 heures et 18 minutes. Sur une seule journée, 12 minutes disparaissent ; sur 20 jours ouvrés, 4 heures par mois ne sont pas payées.
Ce qui compte comme temps de travail
Seul le temps de travail effectif entre dans le calcul. L’article L3121-1 du code du travail le définit comme le temps pendant lequel vous êtes à la disposition de l’employeur, à suivre ses directives, sans pouvoir vaquer librement à vos occupations personnelles.
La pause déjeuner pendant laquelle vous pouvez sortir n’en fait pas partie ; une pause pendant laquelle vous devez rester joignable et intervenir, si. La loi impose une pause d’au moins 20 minutes consécutives dès 6 heures de travail consécutives. Le temps d’habillage, les astreintes ou le temps de trajet entre deux sites obéissent à des règles propres.
Il faut séparer ce que la loi impose de ce que l’entreprise a ajouté : une convention collective ou un accord d’entreprise peut payer des pauses, fixer une autre durée ou d’autres majorations.
La durée légale reste de 35 heures par semaine, soit 151,67 heures par mois et 1 607 heures par an à temps plein ; un temps partiel suit ses propres règles. Votre contrat ou un accord écrit prévoit-il des horaires différents ? Si oui, c’est ce texte qui sert de référence.
Le total de la semaine et les heures supplémentaires
Le décompte hebdomadaire est la règle : les heures supplémentaires se comptent à la semaine, pas à la journée. Toute heure accomplie à la demande de l’employeur au-delà de 35 heures en est une, et sans accord contraire elle est majorée de 25 % de la 36e à la 43e heure, puis de 50 %, taux en vigueur en 2026.
Un accord peut remplacer tout ou partie du paiement par un repos compensateur.
Un exemple construit : lundi 8 h 15, mardi 7 h 45, mercredi 8 h, jeudi 8 h 30, vendredi 7 h 15. Total : 39 h 45, soit 39,75 heures, dont 4,75 heures supplémentaires. À un salaire brut de 13 € de l’heure, majorées de 25 %, elles valent 77,19 € brut pour la semaine.
Une semaine avec un jour non travaillé change le décompte : les heures non faites un jour férié ne comptent pas comme travail effectif, sauf convention ou usage, comme le montre le calcul d’une semaine avec un jour férié.
Vérifier votre bulletin et réclamer
Un bulletin de salaire faux se conteste. La vérification suit un ordre simple :
- tenez un relevé daté de vos heures d’arrivée, de départ et de pause, même manuscrit ;
- convertissez chaque journée en centièmes et additionnez la semaine ;
- comparez le total au nombre d’heures payées et aux heures supplémentaires inscrites sur le bulletin ;
- faites une réclamation écrite à l’employeur, en joignant votre relevé ;
- sans réponse, le conseil de prud’hommes peut être saisi pour un rappel de salaire.
Un écart de quelques heures par mois pèse aussi sur la trésorerie du mois ; s’il vous met en difficulté avant la paie, il est possible de demander un acompte sur salaire.
Le délai au-delà duquel il est trop tard
La prescription est de trois ans : un rappel de salaire se réclame dans les trois ans qui suivent le jour où vous avez connu, ou auriez dû connaître, l’erreur, selon l’article L3245-1 du code du travail. La demande peut couvrir les trois dernières années, ou les trois années qui précèdent la fin du contrat. Au-delà, les heures non payées sont perdues : le relevé se tient donc dès maintenant.
Sources
- Service-public.gouv.fr, « Durée du travail d’un salarié du secteur privé à temps plein » (F1911), vérifié le 25 septembre 2025
- Service-public.gouv.fr, « Heures supplémentaires d’un salarié du secteur privé » (F2391), vérifié le 8 juin 2026
- Code du travail, articles L3121-1 et L3245-1